La série Raw Materials, présentée dans ce contexte, est un projet évolutif sans une structure linéaire préétablie et que Damien Chamcirkan mène depuis les débuts de son parcours. Plutôt, elle se présente comme un atlas topologique, où la photographie devient une sonde qui documente le monde environnant.

Au centre il y a des mémoires urbaines, ou comme on dit des terrains vagues, lieux où se sont produits toute une série d’évènements ou activée des fonctions sociales différentes et qui à l’heure actuelle se retrouve suspendues entre la vie et la mort.

Ces espaces marginaux, en dehors du circuit productif de nos villes sont en réalité des espaces en puissance, espaces des possibilités multiples, où dans l’invisibilité et loin du mainstream quotidien, ont lieu des micro-évènements : occupations temporaires ou de passage, activités ludiques du temps libre ; évènements minimaux qui enrichissent l’histoire enfouie des sociétés humaines.

Ce qui est visible dans ces images est ce qui reste d’un passage furtif, un autre résidu accumulé.

Le temps photographique bloque en image fixe les mémoires résiduelles sorties de la course rapide d’une société en changement perpétuel.

(Texte de Roberta Garieri)